Synopsis :

 Après avoir traité de la dictature du point de vue de l’opprimé dans sa pièce Mémoire en retraite, qui a remporté le prix de «La Meilleure Pièce de théâtre du Monde arabe en 2011», l’auteure metteure en scène tunisienne Meriam Bousselmi et Steve Karier donnent la parole à l’oppresseur, au dictateur, et tentent de dresser le portrait de ce personnage à la fois terrible et fascinant, tout en proposant une réflexion implicite sur l’Homme.

Ce que le dictateur n’a pas dit est le monologue d’un ex-dictateur qui, dans sa solitude désespérée, s’invente des conversations. Cette parole-là est proliférante, comme une sorte de compensation compulsive et névrotique au silence qui lui est imposé par la Révolution. Cependant, il n’est pas question de susciter de l’empathie pour ce vieillard solitaire, rongé d’incertitude et finalement peu maître de son destin, mais plutôt de dévoiler l’entreprise de mystification à laquelle se livrent les dictateurs et de dénoncer les manipulations politiques, les sales jeux de pouvoir et d’autorité dont les peuples sont coresponsables et victimes à la fois.

Mot de l’auteure metteure en scène :

« Dégoupillons la grenade ! Le peuple est fait pour tirer le char de l’Empereur et un carrosse de légumes ne peut inverser l’Histoire ! Le seul banquet auquel les masses seront éternellement conviées c’est celui des grenades ! Rien n’est plus simple que la mise en œuvre du désespoir collectif.. Une tombe avant la tombe, voilà ce que les Printemps Arabes ont réservé pour leurs opposants ! »

Cet extrait du monologue Ce que le dictateur n’a pas dit, c’est peut être ce que pourrait dire un Dictateur en exil. Ce qu’il voudrait réellement dire, nous l’ignorons.  Ce qu’il devrait dire, n’est pas évident. Et si nous le faisons parler, qu’a t-il à nous dire ? Le monologue est une tentative de lui extirper quelques mots et d’interroger ces trois différents registres du non-dit. Personnage mystique, même déchu, le Dictateur continu à intriguer. Son silence n’est pas synonyme d’absence. Bien au contraire, c’est à partir de sa chute, qu’un Dictateur devient l’objet d’un débat public duquel il est exclu. C’est la règle : « tout dictateur connaît les mêmes mesures de la parole : d’abord, on parle à sa place. Ensuite, quand il parle, plus personne ne parle. Enfin, tout le monde parle et lui ne dit rien».

Texte & Mise en scène : Meriam Bousselmi

Avec Steve Karier

Photos Bohumul kostohryz

Production Fundamental asbl

Coproduction Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

Création en juin 2014 au Luxembourg

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